SÉGOU

Ségou s’étire sur 8 km, le long du fleuve Niger. Sur l’avenue principale bordée de balanzans, les bâtiments administratifs, d’un style colonial très particulier sont tous colorés différemment et agrémentés de magnifiques jardins. Les quartiers d’habitation sont bâtis en banco rouge formant des cours intérieures où sont traditionnellement plantés les arbres à karité. Le marché paysan, le marché des potiers et un quartier de boutiques artisanales animent la ville mais c’est vers le fleuve que se concentre l’essentiel de l’activité. Le va-et-vient des pirogues et des pinasses forme un ballet fragile et coloré qui contraste avec l’étendue et la puissance du Niger. Le campement des pécheurs Bozo, les villages de Kalabougou (les potiers), de Ségoukoro (tombeau de Biton Coulibaly) et de Farako (fabrication des bogolans) qui se visitent en pinasse sont les compléments naturels de la ville.

Historiquement, Ségou est l’ancienne capitale de l’empire bambara. Kaladjan Kouloubaly a été le fondateur du premier village au 17° siècle. Puis plusieurs princes kouloubaly se sont succédé à la tête du pays bambara. Parmi eux, Biton Kouloubaly, chef incontesté, a particulièrement développé le royaume bambara. Par la suite, les Peulhs prendront le pouvoir sur les Bambara avant de s’allier avec eux pour lutter contre El Hadji Oumar, le roi Toucouleur, qui s’empare de Ségou (1861). Mais dès 1880, les troupes françaises entrent à Ségou. En 1892, un officier de l’armée coloniale est tué et donne lieu à une terrible répression. Après avoir résisté à l’islam, les Bambara ont massivement adopté la religion chrétienne. La colonisation a essentiellement apporté à Ségou le rétablissement, dans leurs lits fossiles, des bras du fleuve Niger, avec près d’un million d’hectares irrigués, grâce à la résurrection des anciens défluents. Le barrage de Markala (à 40 km au nord de Ségou) est inauguré en 1947.